Apple retire l'application de messagerie russe Max de l'App Store en raison des sanctions
Apple a retiré l'application de messagerie russe soutenue par l'État, **Max** (Макс), de son App Store, suscitant de vives critiques de la part des responsables russes. Le géant de la technologie a cité la conformité avec les réglementations sur les sanctions comme raison de cette décision, bien que les détails restent non divulgués. Cette action affecte des millions d'utilisateurs et souligne les tensions continues entre les entreprises technologiques mondiales et les efforts de souveraineté numérique russes.
Le géant mondial de la technologie **Apple** aurait retiré l'application de messagerie russe soutenue par l'État, **Max** (Макс), de son App Store, une décision qui a suscité de vives critiques de la part des responsables russes qui l'ont qualifiée d'"inamicale". La disparition de l'application cette semaine la rend indisponible au téléchargement sur les iPhones et iPads pour les nouveaux utilisateurs, bien que les utilisateurs existants puissent toujours y accéder sans mises à jour ni notifications.
Le ministre russe du Développement numérique, **Maksut Shadaev**, a déclaré qu'**Apple** n'avait fourni aucune explication sur la décision aux développeurs de l'application, déniant ainsi l'accès à environ 20 millions d'utilisateurs russes. Bien qu'**Apple** n'ait pas commenté publiquement la question, une déclaration à BBC Russia a indiqué que l'application avait été retirée "conformément aux réglementations sur les sanctions", sans préciser quelles sanctions s'appliquent.
### Max : Le Hub Numérique Russe et les Préoccupations Liées à la Surveillance
**Max** a été développé par **VK**, l'une des plus grandes entreprises technologiques de Russie, et est calqué sur le **WeChat** chinois. La plateforme intègre la messagerie et les appels vocaux avec une gamme de services gouvernementaux, d'identification numérique, de signatures électroniques et de fonctionnalités de paiement. Les autorités russes ont activement promu **Max** comme une alternative nationale aux plateformes de messagerie étrangères telles que **Telegram** et **WhatsApp**, allant jusqu'à imposer sa pré-installation sur les smartphones et tablettes vendus en Russie depuis septembre dernier. Les autorités affirment que la plateforme revendique une audience quotidienne dépassant les 60 millions d'utilisateurs.
Les défenseurs des droits numériques ont exprimé de sérieuses préoccupations concernant **Max**, soulignant son intégration profonde avec l'infrastructure gouvernementale et un manque présumé de chiffrement de bout en bout. Ces fonctionnalités, soutiennent-ils, pourraient faciliter la surveillance par l'État des communications et des activités des utilisateurs. Lors d'un incident notable en avril, le fournisseur d'infrastructure Internet **Cloudflare** a brièvement classé **Max** comme un spyware avant de rétracter cette étiquette. Les représentants de **Max** ont attribué cela à un "malentendu" du trafic d'analyse Web.
### Conséquences et Contexte Géopolitique
Suite à son retrait du marché d'**Apple**, les médias russes ont signalé un déclin significatif de l'activité sur la plateforme **Max**, notamment moins de publications et de canaux actifs. Malgré le retrait de l'App Store d'**Apple**, l'application reste accessible aux utilisateurs d'Android via **Google Play** et le **RuStore** national russe.
Les responsables russes ont condamné la décision d'**Apple**. **Mikhail Oseevsky**, PDG de l'opérateur de télécommunications **Rostelecom**, aurait qualifié **Apple** d'"ennemis" et décrit la décision comme "absolument inamicale". Les développeurs de **Max** ont déclaré qu'ils cherchaient des éclaircissements auprès d'**Apple** et travaillaient activement à une résolution.
Cet incident se déroule dans un contexte plus large des efforts croissants de la Russie pour affirmer son contrôle sur son paysage numérique. Depuis l'invasion de l'Ukraine, les entreprises technologiques occidentales ont réduit leurs opérations dans le pays, incitant le Kremlin à promouvoir une plus grande dépendance aux services numériques nationaux. Parallèlement, la Russie a fréquemment restreint l'accès aux plateformes et services étrangers, cherchant à centraliser les communications en ligne. Notamment, **Apple** a déjà retiré des applications de son App Store russe, souvent en réponse aux demandes du régulateur Internet **Roskomnadzor**, en particulier concernant les services VPN.