Autoritarisme numérique : Comment les lois sur la sécurité en ligne menacent les défenseurs des droits humains
Les gouvernements du monde entier exploitent de plus en plus les lois sur la sécurité en ligne pour lutter contre la cybercriminalité et la désinformation, mais ces mesures sont souvent utilisées contre les défenseurs des droits humains. Une récente soumission de la **Electronic Frontier Foundation (EFF)** aux Nations Unies met en lumière les menaces croissantes pour les droits fondamentaux dans la sphère numérique.
Les gouvernements du monde entier adoptent de nouvelles lois et politiques visant à traiter les préjudices en ligne, y compris des lois destinées à lutter contre la cybercriminalité et la désinformation, et ostensiblement à protéger la sécurité des utilisateurs. Bien que ces efforts soient souvent présentés comme des réponses nécessaires à des préoccupations légitimes, ils sont de plus en plus utilisés de manière à restreindre les droits fondamentaux.
Dans une récente soumission au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, l'**EFF** a souligné comment ces approches réglementaires évolutives affectent les défenseurs des droits humains (DDH) et l'environnement numérique plus large dans lequel ils opèrent.
## Menaces pour les défenseurs des droits humains
Dans de nombreuses régions, les lois sur la cybercriminalité et la sécurité nationale sont appliquées pour poursuivre l'expression légitime, restreindre l'accès à l'information et étendre la surveillance de l'État. Dans certains cas, ces mesures sont mises en œuvre sans surveillance judiciaire adéquate ni garanties claires, soulevant des préoccupations quant à leur compatibilité avec les normes internationales relatives aux droits humains.
Les développements réglementaires dans une juridiction influencent également les approches ailleurs. L'**Online Safety Act** du Royaume-Uni, par exemple, a contribué à la diffusion mondiale des cadres de « devoir de diligence ». Dans d'autres contextes, des modèles similaires ont été adoptés avec moins de protections, y compris des dispositions qui criminalisent des catégories de discours largement définies ou exigent l'identification des utilisateurs, augmentant les risques pour ceux qui sont engagés dans la défense des droits humains.
Dans le même temps, les perturbations de l'accès à Internet – y compris les coupures, le bridage et le géo-blocage – continuent d'affecter la capacité des DDH à communiquer, à documenter les abus et à accéder aux réseaux de soutien. Ces mesures peuvent avoir des implications importantes non seulement pour la liberté d'expression, mais aussi pour la sécurité personnelle, en particulier dans les situations de conflit ou d'agitation politique.
L'utilisation accrue des technologies de surveillance numérique aggrave encore ces risques. Des **spyware** et des systèmes de surveillance biométrique ont été déployés contre des militants et des journalistes, dans certains cas au-delà des frontières nationales. Ces pratiques entraînent des intimidations, des détentions et d'autres formes de représailles.
Les pratiques des plateformes de médias sociaux peuvent également mettre en danger les défenseurs des droits humains – et leur discours. Les systèmes de modération de contenu qui s'appuient sur des politiques largement définies, une application automatisée et une transparence limitée peuvent entraîner la suppression ou la censure de discours, y compris la documentation des violations des droits humains. Une application incohérente entre les langues et les régions, ainsi que des voies de recours insuffisantes, affectent de manière disproportionnée les DDH et les communautés marginalisées.
## Faire passer les droits humains en premier
Ces tendances soulignent l'importance de veiller à ce que les réponses réglementaires et d'entreprise aux préjudices en ligne soient fondées sur les principes des droits humains. Cela comprend l'adoption de cadres juridiques clairs et étroitement définis, la garantie d'une surveillance indépendante et la fourniture de garanties efficaces pour la vie privée, l'expression et l'association.
Cela nécessite également un engagement significatif avec la société civile. Les défenseurs des droits humains apportent une expertise essentielle sur les impacts locaux et contextuels des politiques numériques, et leur participation est essentielle pour développer des approches efficaces et respectueuses des droits.
Alors que les technologies numériques continuent de façonner l'espace civique, la protection des individus et des communautés qui s'y fient pour faire progresser les droits humains reste une priorité urgente.
Vous pouvez lire la soumission complète de l'**EFF** [ici](https://www.eff.org/document/eff-submission-human-rights-council-resolution-5823-report).