La restriction nationale de drones de la FAA : un affrontement au Premier Amendement
Une restriction de vol nationale controversée émise par la **FAA** en 2026 a suscité l'indignation des défenseurs des droits civiques et des organisations médiatiques. La restriction, ostensiblement destinée à protéger les installations et les véhicules gouvernementaux, est contestée comme une atteinte inconstitutionnelle au droit du Premier Amendement d'enregistrer les forces de l'ordre.
L'avocate stagiaire Raj Gambhir est l'auteur principal de cet article.
L'administration Trump a restreint le droit du Premier Amendement d'enregistrer les forces de l'ordre en émettant une restriction de vol nationale sans précédent empêchant les opérateurs de drones privés, y compris les journalistes professionnels et citoyens, de faire voler des drones à moins de 800 mètres de tout véhicule de l'**ICE** ou du **CBP**.
En janvier, l'**EFF** et des organisations médiatiques telles que *The New York Times* et *The Washington Post* ont réagi à cette violation flagrante du Premier Amendement en exigeant que la FAA lève cette restriction de vol. Plus de deux mois plus tard, nous attendons toujours la réponse de la FAA à notre lettre.
Le Premier Amendement garantit le droit d'enregistrer les forces de l'ordre. Comme nous l'avons vu avec les meurtres extrajudiciaires de George Floyd, Renée Good et Alex Pretti, filmer les forces de l'ordre peut favoriser la responsabilisation et sensibiliser aux abus policiers.
### **Une restriction de vol « temporaire » de 21 mois ?**
La FAA émet régulièrement des restrictions temporaires de vol (**TFR**) pour empêcher les gens de survoler des espaces aériens désignés. Les TFR sont généralement émises lors de catastrophes naturelles, ou pour protéger des événements sportifs majeurs et des responsables gouvernementaux comme le président, et durent dans la plupart des cas quelques heures.
Il n'en va pas de même pour la restriction numérotée FDC 6/4375, qui a débuté le 16 janvier 2026. Cette TFR dure 21 mois – jusqu'au 29 octobre 2027 – et couvre l'ensemble de la nation. Elle interdit à toute personne de faire voler un aéronef sans pilote (c'est-à-dire un drone) à moins de 914 mètres, mesurés horizontalement, de toute « installation et actif mobile », y compris les « convois de véhicules terrestres et leurs escortes associées », des Départements de la Défense, de l'Énergie, de la Justice et de la Sécurité intérieure. Les contrevenants peuvent être soumis à des sanctions pénales et civiles, et risquent la saisie ou la destruction de leurs drones.
En pratique, cette TFR signifie que toute personne faisant voler son drone à moins de 800 mètres d'une voiture d'un agent de l'ICE ou du CBP (un « actif mobile » du **DHS**) est passible de poursuites pénales et de la destruction de son drone. L'injustice pratique de cette TFR est soulignée par le fait que les agents d'immigration utilisent souvent des voitures de location non marquées, des voitures sans plaques d'immatriculation, ou échangent les plaques d'immatriculation de leurs voitures pour mener à bien leurs opérations. Ils ne fournissent pas non plus d'avertissement préalable concernant ces opérations.
### **La TFR est une atteinte inconstitutionnelle à la liberté d'expression**
Bien que la FAA affirme que la TFR est fondée sur son autorité légale, la restriction de vol viole non seulement plusieurs droits constitutionnels, mais aussi les propres réglementations de l'agence.
**Violation du Premier Amendement.** Comme nous l'avons souligné dans la lettre, près de toutes les cours d'appel fédérales ont reconnu le droit du Premier Amendement des Américains d'enregistrer les agents des forces de l'ordre lorsqu'ils accomplissent leurs fonctions officielles. En soumettant les opérateurs de drones à des sanctions pénales et civiles, ainsi qu'à la destruction ou à la saisie potentielle de leur drone, la TFR punit – sans les justifications requises – l'enregistrement légal des agents des forces de l'ordre, y compris les agents d'immigration.
**Violation du Cinquième Amendement.** Le Cinquième Amendement garantit le droit à une procédure régulière, qui comprend le droit d'être informé de manière équitable avant d'être privé de liberté ou de propriété par le gouvernement. Dans le cadre de la restriction de vol, un préavis n'est même pas possible. Comme mentionné ci-dessus, les opérateurs de drones ne peuvent pas savoir s'ils se trouvent à moins de 914 mètres horizontaux de véhicules non marqués du DHS. Pourtant, la TFR permet au gouvernement de capturer, voire de descendre, un drone s'il vole dans le rayon de la TFR, et d'imposer des sanctions pénales et civiles à l'opérateur.
**Violations des réglementations de la FAA.** Lors de l'émission d'une TFR, les propres réglementations de la FAA exigent que l'agence « spécifie le danger ou la condition nécessitant » la restriction. De plus, la FAA doit fournir aux représentants accrédités des médias un point de contact pour obtenir l'autorisation de faire voler des drones dans la zone restreinte. La FAA n'a satisfait aucune de ces exigences en émettant son interdiction nationale d'approcher les véhicules gouvernementaux par drones.
### **L'EFF demande l'abrogation de la TFR**
Nous ne pensons pas qu'il soit une coïncidence que la TFR ait été mise en place en janvier 2026, au plus fort des manifestations anti-ICE à Minneapolis, peu après le meurtre de Renée Good et peu avant la fusillade d'Alex Pretti. Après ces deux tragédies, les enregistrements civils ont joué un rôle essentiel pour contredire le récit mensonger des événements par le gouvernement.
En punissant les civils pour avoir enregistré des agents fédéraux des forces de l'ordre, la TFR contribue à protéger l'ICE et d'autres agents d'immigration de l'examen et de la responsabilisation. Elle décourage également l'exercice d'un droit fondamental du Premier Amendement. L'EFF milite depuis longtemps pour le droit d'enregistrer la police, et l'exercice de ce droit est plus important que jamais aujourd'hui.
Enfin, bien que l'enregistrement des forces de l'ordre soit protégé par le Premier Amendement, sachez que les agents peuvent se venger de vous pour avoir exercé ce droit. Veuillez vous référer à nos directives sur l'enregistrement sécurisé des activités des forces de l'ordre.