Le kit EvilTokens alimente le piratage sophistiqué de comptes Microsoft via le phishing par code d'appareil
Un nouveau kit de phishing-as-a-service (PhaaS), baptisé **EvilTokens**, permet aux cybercriminels de mener des piratages avancés de comptes Microsoft. En exploitant les techniques de phishing par code d'appareil, les attaquants peuvent contourner les mesures de sécurité traditionnelles et obtenir un accès persistant aux données sensibles.

Le kit **EvilTokens** intègre des capacités de phishing par code d'appareil, permettant aux attaquants de pirater les comptes **Microsoft** et offre des fonctionnalités pour les attaques de compromission de la messagerie professionnelle (BEC). Ce kit est vendu aux cybercriminels via **Telegram** et est en développement continu, l'auteur prévoyant d'ajouter la prise en charge des pages de phishing **Gmail** et **Okta**.
### Phishing par code d'appareil expliqué
Les attaques de phishing par code d'appareil exploitent le flux d'autorisation d'appareil **OAuth 2.0**. Les attaquants trompent les victimes pour qu'elles autorisent un appareil malveillant, leur accordant ainsi l'accès au compte de la victime. Cette technique a été utilisée par des acteurs de la menace tels que Storm-237, UTA032, UTA0355, UNK_AcademicFlare, TA2723 et le groupe d'extorsion de données **ShinyHunters**.
### Flux d'attaque EvilTokens
Les chercheurs de **Sekoia** ont observé que les attaques **EvilTokens** commencent par des e-mails contenant des documents malveillants (PDF, HTML, DOCX, XLSX ou SVG). Ces documents contiennent soit un code QR, soit un hyperlien redirigeant vers un modèle de phishing **EvilTokens**.
Ces leurres usurpent l'identité de contenus professionnels légitimes tels que des documents financiers, des invitations à des réunges, des ordres de logistique ou d'achat, des avis de paie, ou des documents partagés via des services comme **DocuSign** ou **SharePoint**. Ils sont souvent adaptés aux employés des services financiers, des RH, de la logistique ou des ventes.

Lorsqu'une victime ouvre le lien, elle est confrontée à une page de phishing usurpant l'identité d'un service de confiance (par exemple, **Adobe Acrobat** ou **DocuSign**), affichant un code de vérification et des instructions pour la vérification d'identité. La page invite l'utilisateur à cliquer sur un bouton « Continuer vers Microsoft », le redirigeant vers la page de connexion d'appareil légitime de **Microsoft**.
À ce stade, l'attaquant utilise un client légitime (toute application **Microsoft**) pour demander un code d'appareil. Il trompe ensuite la victime pour qu'elle s'authentifie sur l'URL légitime de **Microsoft** contrôlée par l'attaquant.

Cela accorde à l'attaquant un jeton d'accès à courte durée de vie ainsi qu'un jeton de rafraîchissement, permettant un accès persistant. Ces jetons fournissent un accès immédiat aux services associés au compte de la victime, y compris l'e-mail, les fichiers, les données **Teams**, et la capacité d'effectuer une usurpation d'identité SSO sur les services **Microsoft**.
### Impact mondial
Les chercheurs de **Sekoia** ont examiné l'infrastructure d'**EvilTokens** et ont découvert des campagnes d'une portée mondiale, les États-Unis, le Canada, la France, l'Australie, l'Inde, la Suisse et les Émirats arabes unis étant les pays les plus touchés.

En plus du phishing avancé, les chercheurs de **Sekoia** rapportent que l'opération PhaaS **EvilTokens** offre également des « fonctionnalités avancées pour mener des attaques BEC » grâce à l'automatisation. La variété des campagnes suggère qu'**EvilTokens** est déjà utilisé à grande échelle par les acteurs de la menace impliqués dans des activités de phishing et de BEC.
**Sekoia** fournit des indicateurs de compromission (IoC), des détails techniques et des règles YARA pour aider les défenseurs à bloquer les attaques exploitant le kit PhaaS **EvilTokens**.