L'EFF demande la libération du journaliste Ahmed Shihab-Eldin au Koweït
L'**Electronic Frontier Foundation (EFF)** demande la libération immédiate du journaliste **Ahmed Shihab-Eldin**, arrêté au Koweït le 3 mars. Le journaliste primé serait accusé de diffusion de fausses informations, d'atteinte à la sécurité nationale et d'utilisation abusive de son téléphone portable.
L'**Electronic Frontier Foundation (EFF)** appelle le gouvernement koweïtien à libérer immédiatement le journaliste **Ahmed Shihab-Eldin**. Journaliste et animateur de télévision primé, qui a travaillé pour *Al Jazeera* pendant de nombreuses années, Shihab-Eldin — citoyen américano-koweïtien — a été arrêté au Koweït le 3 mars alors qu'il rendait visite à sa famille. Le Committee to Protect Journalists (**CPJ**) a rapporté qu'il serait accusé de diffusion de fausses informations, d'atteinte à la sécurité nationale et d'utilisation abusive de son téléphone portable.
Selon *The Guardian*, Shihab-Eldin a publié des images d'un crash d'un F-15 E Strike Eagle de l'U.S. Air Force, et a posté sur son Substack à propos de l'incident, notant que des vidéos circulant en ligne montraient des résidents locaux aidant les survivants du crash.
### Répression du reportage au Koweït
Le Koweït fait partie des nombreux pays qui ont récemment réprimé le reportage dans le contexte de la guerre en cours. Le ministère de l'Intérieur du Koweït, le 3 mars — le même jour que l'arrestation de Shihab-Eldin — a averti la population du pays de « ne pas photographier ou publier de clips ou d'informations liés aux missiles ou aux lieux pertinents ». Plus tôt ce mois-ci, le Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (**OHCHR**) a mis en lumière un nouveau décret au Koweït interdisant la diffusion de rapports visant à « saper le prestige de l'armée » ou à éroder la confiance du public en elle.
Comme rapporté par les médias locaux, le décret stipule que « ceux qui publient intentionnellement des déclarations ou des nouvelles ou diffusent de faux rapports et rumeurs sur les autorités militaires, entraînant une diminution de la confiance en elles et de leur moral, en plus de saper leur prestige, sont passibles de trois à 10 ans de prison et d'une amende entre 5 000 et 10 000 KD ». Le décret impose également une peine allant de sept ans à la prison à vie pour « les personnes autorisées qui causent une perte financière ou des dommages aux autorités militaires lors de la réalisation d'une transaction, d'une opération, d'un projet ou d'une affaire ou qui obtiennent un profit de telles transactions ».
### La liberté de la presse sous surveillance
Contrairement aux États du Golfe voisins, le Koweït a historiquement permis à la presse d'opérer avec une liberté relative, et a même introduit une loi en 2020 protégeant le droit d'accès à l'information. En pratique, cependant, le gouvernement exerce un contrôle considérable sur les médias. De plus, plusieurs lois, y compris la législation sur la cybercriminalité introduite en 2016, restreignent la liberté d'expression.
L'EFF est profondément préoccupée par le fait qu'Ahmed n'a pas été vu ni entendu depuis près de six semaines. Ils appellent le gouvernement du Koweït à libérer immédiatement **Ahmed Shihab-Eldin**.