L'EFF défend la transparence des ALPR face aux tentatives de dissimulation des données de surveillance
La **Electronic Frontier Foundation (EFF)** tire la sonnette d'alarme face à une tendance croissante : des États adoptent des lois pour restreindre l'accès du public aux données collectées par les lecteurs automatiques de plaques d'immatriculation (**ALPR**). Ces lois menacent de saper un contrôle crucial des activités des forces de l'ordre et de potentiellement dissimuler des abus de pouvoir.
Les journalistes, les défenseurs communautaires, l'**EFF** et d'autres ont efficacement utilisé les lois sur les archives publiques pour exposer et contester les abus et les mésusages des données collectées par les lecteurs automatiques de plaques d'immatriculation (**ALPR**) par les forces de l'ordre. L'**EFF** s'inquiète désormais des lois récentes dans plusieurs États qui bloquent l'accès du public aux données **ALPR**, y compris les informations qui en sont dérivées. Elle s'oppose aux projets de loi en cours en Arizona et dans le Connecticut qui limiteraient le contrôle public.
### Le pouvoir des archives publiques
Chaque État dispose de lois, souvent appelées « lois sur la liberté d'information » (**FOIA**) ou « lois sur les archives publiques » (**PRA**), qui accordent au public le droit d'obtenir des documents des gouvernements locaux et étatiques. L'**EFF** plaide fréquemment pour un accès public robuste et utilise ces lois pour examiner la surveillance gouvernementale.
Cependant, les législateurs introduisent ou adoptent des mesures pour exclure de larges pans d'informations **ALPR** de la divulgation. Cela pourrait inclure des informations générales sur l'utilisation par les forces de l'ordre, des détails sur le partage des **ALPR** entre les agences de police, des données sur le nombre de numérisations de plaques d'immatriculation, les lieux où elles se sont produites, le nombre de « correspondances » effectuées, des analyses sur les fausses correspondances et des images de véhicules.
### Transparence contre vie privée
L'**EFF** reconnaît les préoccupations légitimes concernant la divulgation publique globale des données brutes **ALPR**, car cela pourrait exacerber les atteintes à la vie privée. Cependant, les interdictions pures et simples ne sont pas la solution. Un équilibre entre la vie privée et la transparence est nécessaire.
Les données **ALPR** révèlent des informations sensibles sur les déplacements d'une personne, ce qui rend dangereux pour la police de posséder des données aussi étendues. La divulgation de ces informations aux employeurs, aux opposants politiques ou aux entreprises serait encore pire. L'expérience de l'**EFF** dans l'utilisation des archives publiques des systèmes **ALPR** démontre la forte valeur de responsabilité de l'accès public aux rapports de partage de données et aux audits de réseau.
Par exemple, la série « Data Driven » de l'**EFF** a utilisé les rapports de partage de données **ALPR** et les rapports de taux de correspondance pour enquêter sur le partage de données entre les départements de police et analyser le nombre de numérisations **ALPR** associées à un véhicule lié à un crime. Ils ont également identifié des utilisations racistes des systèmes **ALPR**, la surveillance **ALPR** des manifestants et le suivi **ALPR** des personnes recherchant des avortements. Des municipalités ont mis fin à leurs contrats d'utilisation des **ALPR**, invoquant des préoccupations concernant le partage de données.
Ces enregistrements constituent un levier pour les communautés, les journalistes et les responsables locaux afin de bloquer de nouveaux déploiements, de refuser le renouvellement des contrats et de résilier les accords avec les fournisseurs de surveillance. Sans ces preuves, il est plus difficile pour les villes d'exercer leur pouvoir d'achat.
### Trouver le bon équilibre
La meilleure approche consiste à ce que les lois sur les archives publiques contiennent une exemption de confidentialité qui exige une mise en balance des avantages de la transparence par rapport aux coûts de confidentialité de la divulgation au cas par cas. Ces dispositions tiennent déjà compte des préoccupations concernant la divulgation d'informations personnelles collectées par le gouvernement.
En appliquant cet équilibre aux enregistrements **ALPR**, il peut être approprié de divulguer certaines informations et d'en retenir d'autres. Les individus devraient généralement avoir accès aux enregistrements montrant leurs propres déplacements, mais pas à des enregistrements similaires concernant tout le monde. La publication de données non expurgées et d'images de véhicules engagés dans des activités gouvernementales non sensibles peut être appropriée, tandis que la publication de numérisations d'un travailleur social gouvernemental visitant des clients ne le serait pas.
Les lois sur les archives publiques devraient permettre à un demandeur d'obtenir certaines informations **ALPR** sur la surveillance gouvernementale d'une manière qui concilie la transparence et la vie privée. Par exemple, divulguer les heures et les lieux où les données de plaque ont été collectées, mais pas les données de plaque elles-mêmes. La divulgation de données **ALPR** agrégées et/ou anonymisées protège la vie privée des individus. L'agrégation ou l'anonymisation des bases de données sont des expurgations au service de la vie privée individuelle.
De même, dans un journal d'audit gouvernemental des recherches effectuées par la police dans les données **ALPR** stockées, il sera souvent approprié de divulguer les objectifs d'enquête d'un agent pour effectuer une recherche.