L'EFF exhorte la Cour suprême à tenir les entreprises technologiques responsables de leur aide aux violations des droits humains
L'**Electronic Frontier Foundation (EFF)** a déposé un mémoire auprès de la Cour suprême des États-Unis, arguant que les entreprises technologiques américaines devraient être légalement responsables devant les tribunaux américains pour la création d'outils facilitant les violations des droits humains par des gouvernements étrangers. L'affaire porte sur des allégations selon lesquelles **Cisco Systems** aurait aidé le gouvernement chinois dans la persécution du groupe religieux Falun Gong.
L'**EFF** exhorte la Cour suprême à confirmer la décision de 2023 de la Cour d'appel du 9e circuit des États-Unis dans l'affaire *Cisco Systems, Inc., et al., c. Doe I, et al.*, qui stipule que les sociétés américaines peuvent être tenues responsables en vertu de l'Alien Tort Statute (ATS). L'ATS permet aux non-citoyens de porter des plaintes devant les tribunaux fédéraux américains pour des violations du droit international, spécifiquement pour des actions entreprises aux États-Unis qui ont aidé et incité à la persécution et à la torture à l'étranger.
### L'affaire contre Cisco
L'affaire tourne autour de l'implication alléguée de **Cisco** dans la création du système « Golden Shield » pour le gouvernement chinois. Ce système est accusé d'avoir joué un rôle déterminant dans la persécution du groupe religieux Falun Gong par le biais d'espionnage en ligne, de traçage, de détention et de torture. Les victimes affirment que les communications interceptées ont été utilisées lors de séances de torture pour les forcer à renoncer à leurs croyances.
### La décision du 9e circuit
La cour d'appel du 9e circuit a annulé une décision d'un tribunal inférieur, affirmant que les sociétés américaines peuvent être tenues responsables en vertu de l'ATS pour avoir aidé et incité à des violations des droits humains à l'étranger. La cour a précisé qu'une entreprise n'a pas besoin d'avoir l'« intention » explicite de faciliter les abus ; la « connaissance » que son aide a contribué à de tels abus est suffisante pour engager la responsabilité. La cour a estimé que les allégations des plaignants contre **Cisco** répondaient aux deux normes. Les utilisations légitimes d'une technologie ne protègent pas une entreprise de la responsabilité pour d'autres utilisations qui conduisent à des violations des droits humains lorsque les normes du droit international sont respectées, selon la cour.
### Examen par la Cour suprême
**Cisco** a fait appel auprès de la Cour suprême, qui a accordé un examen en janvier. L'affaire, n° 24-856, est prévue pour plaidoirie le 28 avril.
### Implications plus larges
L'**EFF** souligne que **Cisco** n'est pas un cas isolé, car de nombreuses entreprises américaines produisent des systèmes de surveillance, des **spywares** et d'autres produits que les gouvernements utilisent pour violer les droits humains.
« Cette Cour ne doit pas fermer la porte des tribunaux aux victimes de violations des droits humains qui sont activement alimentées par des entreprises américaines », indique le mémoire. « À l'ère numérique, les gouvernements répressifs n'agissent que rarement seuls pour violer les droits humains. Ils ont des complices, y compris des entreprises technologiques qui possèdent la sophistication et le savoir-faire technique qui font défaut à ces gouvernements répressifs. »
**Informations supplémentaires :**
* **Mémoire de l'EFF auprès de la Cour suprême des États-Unis :** [https://www.eff.org/document/2026-03-27-eff-amicus-brief-cisco-v-doe-scotus](https://www.eff.org/document/2026-03-27-eff-amicus-brief-cisco-v-doe-scotus)
* **Page de l'affaire *Doe I c. Cisco* de l'EFF :** [https://www.eff.org/cases/doe-i-v-cisco](https://www.eff.org/cases/doe-i-v-cisco)
* **Dossier de la Cour suprême des États-Unis :** [https://www.supremecourt.gov/docket/docketfiles/html/public/24-856.html](https://www.supremecourt.gov/docket/docketfiles/html/public/24-856.html)