L'interdiction australienne des réseaux sociaux échoue à empêcher l'accès des mineurs, suscitant des inquiétudes au Royaume-Uni et en Europe
Malgré une interdiction des réseaux sociaux pour les enfants de moins de 16 ans en Australie, une étude récente révèle que la majorité des utilisateurs mineurs accèdent toujours aux plateformes. Cela suscite des inquiétudes pour le Royaume-Uni et d'autres nations européennes envisageant des mesures similaires, soulignant les défis de la vérification efficace de l'âge et du contrôle du contenu.
Une étude récente indique qu'une part importante des enfants australiens de moins de 16 ans continuent d'utiliser des applications de réseaux sociaux, malgré une interdiction mise en œuvre en décembre. Cela soulève des questions sur l'efficacité de telles interdictions et leur impact potentiel sur la sécurité des jeunes.
**Principales conclusions**
Selon la recherche, 61 % des enfants australiens âgés de 12 à 15 ans ont déclaré accéder à des plateformes de réseaux sociaux malgré l'interdiction. L'étude, menée par une fondation britannique et une agence australienne de recherche sur la jeunesse, suggère que les plateformes échouent à identifier et à supprimer efficacement les comptes de mineurs.
L'enquête a révélé que **TikTok** et **YouTube** conservaient 53 % de leurs utilisateurs jeunes précédents, tandis qu'**Instagram** en maintenait 52 %. Les personnes interrogées ont indiqué qu'elles pouvaient accéder à ces plateformes sans avoir à contourner de restrictions.
**Implications pour le Royaume-Uni et l'Europe**
Les conclusions sont particulièrement pertinentes alors que le gouvernement britannique envisage de nouvelles restrictions sur l'accès des jeunes aux réseaux sociaux. Plusieurs pays européens, dont la Grèce, la France, l'Espagne et les Pays-Bas, envisagent ou mettent également en œuvre des interdictions similaires.
Le PDG de la **Molly Rose Foundation**, Andy Burrows, a déclaré que l'expérience australienne suggère qu'une interdiction des réseaux sociaux pourrait être un "pari à enjeux élevés" pour le Royaume-Uni. Il a souligné qu'une interdiction défectueuse pourrait créer un faux sentiment de sécurité.
**Appel à des mesures plus strictes**
La **Molly Rose Foundation** préconise la mise à jour du Online Safety Act du Royaume-Uni pour inclure un "Devoir de diligence systémique". Cela obligerait les entreprises de réseaux sociaux à mettre en œuvre des mesures de sécurité robustes, notamment la vérification de l'âge et la modération du contenu.
La fondation appelle également à des incitations réglementaires qui donnent la priorité à la réduction des préjudices et renforcent le régime réglementaire, en ciblant spécifiquement les grandes entreprises de réseaux sociaux.
**Initiatives européennes**
Plusieurs pays européens poursuivent activement des restrictions sur les réseaux sociaux pour les enfants :
* Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a annoncé une interdiction des réseaux sociaux pour les enfants de moins de 15 ans, effective à partir du 1er janvier 2027.
* Le Sénat français a adopté un projet de loi interdisant les réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans.
* Le Parlement européen a proposé une résolution non contraignante stipulant que les enfants de 15 ans et moins ne devraient pas utiliser de plateformes de partage de vidéos, de réseaux sociaux ou de compagnons d'IA sans le consentement parental.
* Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a annoncé des projets visant à bloquer l'utilisation des réseaux sociaux par les enfants de moins de 16 ans.
* Le gouvernement néerlandais a également l'intention de restreindre l'accès aux enfants de moins de 15 ans.
**La voie à suivre**
Ces développements soulignent le débat en cours sur le rôle des réseaux sociaux dans la vie des enfants et les défis de la réglementation des plateformes en ligne pour protéger les jeunes utilisateurs. Alors que les gouvernements du monde entier sont confrontés à ces problèmes, des stratégies efficaces de vérification de l'âge et de modération du contenu seront cruciales pour garantir un environnement en ligne plus sûr pour les enfants.